« Si vous traitez un individu comme il est, il restera ce qu'il est.
Mais si vous le traitez comme s’il était ce qu'il doit et peut devenir, alors il deviendra ce qu'il doit et peut être. »

Behandle die Menschen so, als wären sie, was sie sein sollten, und du hilfst ihnen zu werden, was sie sein können.

J. W. von Goethe, Faust I

Art Therapie Virtus

Affichage des articles dont le libellé est Définitions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Définitions. Afficher tous les articles

samedi 17 novembre 2012

3/ La dissociation structurelle de la personnalité

Préface à l'édition originale
Page 10
Nous utilisons ce concept pour rétablir le sens originel du mot dissociation, tel que Pierre Janet (1859-1947) l'a défini. Janet, philosophe, psychiatre et psychologue français, est considéré comme «l'un des plus importants cliniciens et penseurs en psychiatrie depuis deux siècles» (Nemiah, 1989, p. 1527). Son œuvre est essentielle à la compréhension et au traitement des troubles d'origine traumatique. La dissociation structurelle est une organisation psychique particulière, dans laquelle existent différents sous-systèmes psychobiologiques de la personnalité qui sont excessivement rigides et relativement fermés les uns aux autres. Ces caractéristiques mènent à un manque de cohérence et de coordination dans la personnalité globale du survivant.
À l'origine de notre proposition d'utiliser le terme de dissociation structurelle (de la personnalité), il y a une nécessité pressante : on trouve aujourd'hui un tel nombre de définitions peu claires et souvent contradictoires de la dissociation, que le concept est devenu très problématique. Par exemple, la dissociation peut représenter des symptômes, un «processus» ou une activité mentale consciente ou inconsciente, un « mécanisme de défense », et d'autres choses encore. Et l'étendue des symptômes décrits comme dissociatifs s'est tellement élargie que la catégorie a perdu sa spécificité. On fait aussi entrer dans les symptômes dissociatifs, en plus des manifestations de la dissociation structurelle de la personnalité, une foule d'altérations, courantes ou pathologiques, de la personnalité. Comme nous le dirons dans cet ouvrage, nous considérons ces ajouts comme une grave erreur de catégorisation. 
_______________________

jeudi 6 septembre 2012

Relation incestueuse et passion toxique par Gérard Pirlot

03/05/2010
page 43
Gérard Pirlot,
Psychiatre, psychanalyste (SPP), professeur de Psychologie clinique et interculturelle, Université Toulouse II, membre du Laboratoire de psychopathologie psychanalytique des Atteintes Somatiques et Identitaires (LASI), EA 4430, Paris Ouest Nanterre La Défense. PIRLOTG@aol.com
passions addictives, passions en négatif
…/…

Mme Y est suivie depuis plusieurs années pour alcoolisme important qu'elle relie, avant son divorce, à une relation incestueuse à son père pendant 8 ans – de 8 à 16 ans – : aucune autre « passion toxique » dans sa vie, hormis celle de l'inceste et de l'alcool.
…/…

Tout de suite apparaît un autre concept qui fait comprendre que cet excès reste peu mentalisé et psychisé, de là l'addiction – comme la somatisation : c'est celui de clivage, clivage mis en place face à des dangers, pour le Moi, provenant des motions pulsionnelles et ses dérivés, affects et fantasmes : fantasmes d'être un étron ou de coïter analement avec le père et le pénis maternel, comme l'a montré E. Hopper', fantasme de tomber dans un puits sans fond chez les alcooliques décrits par M. Monjauzes, Shentoub et d'A. de Mijolla 6 ou encore fantasmes d'avoir un enfant du père par fellation ou en « bouffant » le sexe de ce dernier, comme chez certaines anorexiques 7.
Si clivage il y a, le travail analytique montre qu'il s'agit bien souvent de clivages « fonctionnels » comme dirait G. Bayle 8, et cela autant dans le Moi qu'entre instances de la première topique, aboutissant, comme les travaux de J. Mc Dougalll'ont montré 9, à remplacer toute émotion par la perception-sensation, du fait d'une faille dans la mise en œuvre des représentants-représentations de la pulsion et des affects.
Cette recherche de sensations d'excitation a été mise en évidence par Zuckerman afin, pensait-il, pour les sujets addictés, de maintenir un niveau élevé d'activation cérébrale (Zuckerman, 1971)10. Ainsi ayant recours à une économie de la perception, ces sujets, « esclaves de la quantité » comme l'a écrit M. de M'Uzan 11, luttent contre le vide psychique ou une dépression « blanche ». A titre d'analogie, citons A. Deburge-Donnars (1996), qui a qualifié de « mots-sensations » la formule à laquelle « s'addicte » véritablement l'amoureux ou l'amoureuse plongé(e) dans sa passion : « Dis-moi que tu m'aimes ».12
_________________
6. Mijolla A. de et Shentoub S. A., (1973), Pour une psychanalyse de l'alcoolisme. Paris, Payot.
7. Combe C., (2002). Comprendre et soigner l'anorexie, Paris. Dunod ; Combe C., (2004), Comprendre et soigner la boulimie, Paris, Dunod.
8. Bayle G., (1996), Rapport du 56ème Congrès des psychanalystes de langues romanes : "Les clivages", Rev.fr psychanal, 60, n° spécial Congrès. pp. 1303-1547.
9. Mc Dougall J., (1974)."Le psyché-soma et le psychanalyste", NRP, n° 10. pp. 131-142. ; (1989), Théâtre du corps, Paris, Gallimard ; (2002), "L'économie psychique de l'addiction", Anorexie. addictions et fragilités narcissiques, Paris, PUF.
10. Au XIXe siècle, les stupéfiants étaient appelés les excitants. En 1838, Balzac écrivit un « Traité des excitants modernes » (eau-de-vie, rhé, café, tabac) et en 1845, Moreau de Tours dans son texte « Du haschish et de l'aliénation mentale », traitait également les stupéfiants et leurs aspects hallucinatoires d'excitants.
11. M'Uzan M. de, (1984), « Les esclaves de la quantité », NRP, n° 30, Paris, Gallimard, pp. 129-138 ; (1994), La bouche de l'inconscient, Paris, Gallimard. En 2004, reprenant la problématique des toxicomanes, M. de M'Uzan ajoutera « esclaves de la quantité "à rebours" (p. 136) ou "à défaut" » (p. 139) in « Addiction et problématique identitaire : "tonus identitaire de base" », in Aux confins de l'identité, Paris, Gallimard, 2005, pp. 132-141.
12. Deburge-Donnars A., (1996), « Dis-moi que tu m'aimes », Rev. fr. psychanal, 3, pp. 789-804. 

lundi 3 septembre 2012

Définition – Alter ego

 subst. masc.
• POLITOL. (Espagne et Royaume des Deux-Siciles). Personne à qui le chef du gouvernement délègue les pleins pouvoirs pour agir en son nom. Synon. vice-roi, vice-président.
• Fam. Personne à laquelle un particulier accorde sa confiance et qu'il charge d'agir en son nom. C'est mon alter ego, c'est un autre moi-même.
• Dans la langue commune, l'expression renvoie à l'idée de substituabilité : l' alter ego est celui qui peut faire et être à ma place. D'où l'ambiguïté : on insistera tantôt sur l'ego (l'autre moi, est un autre moi), tantôt sur l'alter (l'autre moi est un moi autre).
___________________
People have different views on what exactly alter ego is. Here, we will talk about alter ego in the terms that it is a person that people create within themselves and relate to the person in terms of making it an ideal. Once a person creates an alter ego, they start dreaming about the same and living a life of their own with the alter ego. If you are wondering how alter ego is created, then here is some piece of information that can be of help to you.
___________________

La définition d’un traumatisme ne dépend pas uniquement de l’événement mais de l’expérience subjective, donc de l’interaction entre la personne et son environnement. Une expérience traumatisante est toujours liée à un sentiment d’impuissance et de détresse. Il est typique pour un traumatisme psychique de se sentir absolument sans contrôle dans une situation qui est caractérisée par les éléments suivants (3) :
1. Submersion par des stimuli désagréables ;
2. Pas de possibilité de se défendre ;
3. Pas de possibilité de fuir.
Normalement, du point de vue biologique, nous sommes bien préparés pour nous défendre ou nous enfuir dans des situations critiques. Si aucune des réactions n’est possible, il reste la possibilité de se pétrifier (« freeze ») pour faire semblant d’être mort. Dans les situations sociales ceci n’est pas possible donc on peut imaginer que la dissociation, le retrait à l’intérieur, la fuite dans la fantaisie, la création d’un alter ego peut être le seul recours d’une personne emprisonnée dans une situation extrême. (3)
Le processus du traitement du contenu d’un traumatisme est caractérisé d’un côté par le désir d’oublier avec un comportement évitant la reproduction de situations qui rappellent le traumatisme et de l’autre côté par le désir de s’exprimer, de se rappeler et de parler des expériences traumatisantes. Ces deux réactions au traumatisme peuvent survenir en alternance et elles font partie d’un cycle qui maintient un niveau d’excitation élevé. À long terme, le comportement évitant empêche l’assimilation et l’intégration du traumatisme, ce qui participe à maintenir le niveau d’excitation chroniquement élevé. (3)

3. Imke Deistler und Angelika Vogler: Einführung in die Dissoziative Identitätsstörung – Multiple Persönlichkeit, Junfermann Verlag Paderborn (2005)

lundi 27 août 2012

Définition – Résilience par Claudia Samson

Lecture faite par Claudia Samson
samedi 25 août 2012
Le concept de résilience est d’abord introduit en 1969 par Fritz Redl.
Dans les années 80 plusieurs ouvrages consacrés à la résilience ont paru puis des études furent conduites aux États-Unis dans les années 90 sous l’influence de Emmy Werner et John Bowlby.
Aujourd’hui on compte des instituts de résilience en Hollande, des universités de résilience en Allemagne. Au Québec le chef de file des études sur la résilience est le docteur Michel Lemay et en France, à partir de ses recherches sur le comportement animal et humain et disciple de John Bowlby, Boris Cyrulnik s’impose comme spécialiste en la matière. Il pense la résilience en termes de série d’attitudes de protection et comme potentialité créatrice, développement de certaines facultés qui permettent la transformation psychique de la souffrance humaine.

Si le terme de résilience est employé couramment, ses significations s’appliquent à de nombreux domaines. On parle ainsi de résilience morale, résilience physique, résilience sociale, résilience culturelle…

Quelques définitions
Du latin rescindere : action d’annuler ou résilier une convention, un acte.
Sens juridique : renoncer, se dédire.
En métallurgie : capacité des matériaux à retrouver leur état initial à la suite d’un choc ou d’une pression continue.
Trad. dic. anglo-saxon : ressort moral, qualité de quelqu’un qui ne se laisse pas abattre.
Informatique : qualité d’un système lui permettant de continuer à fonctionner en dépit de défaut de l’un ou plusieurs éléments constitutifs.
Écologie : capacité de récupération ou régénération d’un organisme ou d’une population.
Socio-économie : capacité intrinsèque des entreprises, organisations, communautés à retrouver un équilibre.
Anthropologie : possibilité pour certaines ethnies, sociétés, langues ou systèmes de croyance de conserver des traces de leur patrimoine.
Médecine : relation avec la résistance physique, les phénomènes de guérison spontanée et de récupération soudaine.
Psychologie, victimologie, criminologie : solidifier les aptitudes à rétablir un équilibre émotionnel par une meilleure compréhension du ressort psychique.
Psychopathologie : aptitude des individus et des systèmes à vaincre l’adversité ou une situation de risque.
Pour lire le billet, cliquez sur le logo Hommes et Faits

vendredi 17 août 2012

Définition : incestes, viols par inceste

Le néologisme « incestuel » a été créé par Paul-Claude Racamier, psychiatre et psychanalyste, qui a sévi en France dans les années 1980-1990, à l’occasion d’un livre intitulé L’inceste et l’incestuel, ouvrage aujourd’hui épuisé.
Un  climat où souffle le vent de l’inceste sans qu’il y ait inceste.
Sous ce terme Racamier décrit une psychopathologie laissée dans l’ombre mais extrêmement répandue. L’incestuel correspond à une atmosphère familiale particulière qui n’aboutit pas à un passage à l’acte sexuel, mais qui laisse chez les enfants qui en sont victimes une empreinte responsable d’un certain nombre de troubles psychiques ou sexuels de l’âge adulte.
______________________
L'inceste :
C’est un mode de relation sexuelle (et il ne s’agit pas de viols) entre deux individus qui sont consentants et adultes. Les anthropologues l’appellent l’inceste-alliance.
______________________
Le viol par inceste
On ne peut pas, pour définir le viol par inceste, qui est un crime aux circonstances aggravantes, – parce que le viol est un crime, – utiliser la loi de février 2010, qui au vu des différents incestes, peine dans la définition, sans compter celle de la famille, et rappelons que la loi a été votée à la hâte et sous la contrainte et surtout qu’elle reste inapplicable et de ce fait a été en partie annulée par le Conseil constitutionnel.
Le viol par inceste est un abus de pouvoir et un viol par un adulte ayant autorité sur un enfant. Ce viol n'a lieu qu’une fois.
______________________
Les viols par inceste
Ils sont une emprise d'un adulte sur un enfant qui peut durer des dizaines d'années, même quand l’enfant est devenu adulte. C’est un meurtre sans cadavre.

lundi 30 juillet 2012

Définition Objectivable, adj. (dans l'article OBJECTIVER, verbe trans.)

Étymol. et Hist. 1. 
a) 1817 « donner une réalité ; considérer comme un objet réel » (MAINE DE BIRAN, loc. cit.) ;
b) 1840 pronom. « prendre le caractère d'une réalité indépendante du sujet » (FICHTE, Destination de l'homme, trad. de l'all. par Barchou de Penhoën, Paris, Paulin, p. 236 ds QUEM. DDL t.25 : une modification de moi-même produite en moi par ma pensée dans l'acte même où elle s'objective) ;
2. 1832 « considérer comme objectif ce qui est subjectif » (Ac. Compl. 1842) ;
3. 1889 pronom. « s'exprimer sur une forme communicable à tous » (BERGSON, op. cit., p.159). Dér. de objectif1*; dés. -erFréq. abs. littér. : 115.
DÉR. 1. Objectivable, adj. [Correspond à objectiver A] Qui peut être objectivé. [L'administrateur] les traite surtout [les hommes] dans leur rapport aux choses et dans leurs échanges fonctionnels, qui sont jusqu'à un certain point objectivables (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.465). Il faut voir que cette identité ne peut porter que sur les éléments les plus extérieurs du réel, les éléments objectifs ou mieux objectivables, à propos desquels un accord peut s'établir, fondé sur la vérification expérimentale (MARROU, Connaiss. hist., 1954, p.130).
Pour lire la définition, cliquez sur le logo de atilf
____________________
Autres définition de objectivable
Définition de objectivable CNRTL

dimanche 29 juillet 2012

Définition de objectivable CNRTL

A. − Faire passer de l'état de donnée intérieure à celui d'une réalité extérieure correspondante, susceptible d'étude objective.
PSYCHOL. Rapporter à un objet extérieur.
B. − [En parlant d'états ou d'actes subjectifs] Traduire par des manifestations extérieures. Synonyme = extérioriser.
Cliquez sur le logo pour la définition complète
____________________
Autres définition de objectivable
Définition Objectivable, adj. (dans l'article OBJECTIVER, verbe trans.)

vendredi 27 juillet 2012

La dimension empirique de l'inceste par Dorothée Dussy

Dorothée Dussy
Ethnologue, Chargée de recherche au CNRS
Iris - EHESS, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris
dorothee.dussy@ehess.fr

Domaines de recherche

Dorothée Dussy travaille actuellement sur la dimension empirique de l’inceste à partir d’enquêtes menées en France et au Québec. Dans la perspective où elle l’aborde, l'inceste n'est pas une catégorie symbolique à étudier à partir des règles qui l’interdisent. L’inceste est posé comme un ordre social qui, tout en l’interdisant en théorie, admet l’abus sexuel commis sur un enfant dans sa famille. Il s’agit ainsi d’en décrire les mécanismes de reproduction, de saisir les modalités de la mise au silence des membres de la famille et les valeurs, déclinées autour de la discrétion.
Un premier terrain dans des associations d’aide aux victimes, à Paris et à Montréal, auprès d’adultes anciens enfants incestés permet de réfléchir au contenu normatif d’un double apprentissage contradictoire : savoir, pour l’avoir appris comme tout le monde, que les parents sont protecteurs et que l’inceste est interdit, et parallèlement, être au quotidien violé chez soi par un parent, sans que rien n’en soit dit, ni par celle, ou celui ou ceux qui commettent ces viols, ni par l’entourage. Il s’agit de comprendre comment, dans ce contexte, se construit par exemple la distinction entre le répréhensible et l’admis, le vrai et le faux, le dangereux et l’inoffensif, le bon et le mauvais pour soi et pour les autres. Un second terrain est mené auprès d’agresseurs incestueux incarcérés au Québec ou en France, ou en suivi thérapeutique sur injonction judiciaire. Ce volet d’enquête s’appuie principalement sur des entretiens traitant de ce qui est dit de et sur l’inceste, où est étudié le statut des paroles (de justification, de dénonciation, de révélation…) qui entourent la situation incestueuse à un moment donné.
Pour lire le billet, cliquez sur le logo de l'IRIS
____________________
Autres billets de Dorothée Dussy
Ce que dit de l'inceste la controverse par Dorothée Dussy & Marc Shelly
2/ Dorothée Dussy sur de l'inceste de Françoise Héritier

lundi 21 septembre 2009

Définition – agressions sexuelles

21/09/09
Ce qui différencie un viol et plus généralement une agression sexuelle d'une relation fondée sur du désir et un amour partagés, c'est l'absence de consentement de l'un des deux partenaires. La définition actuelle des agressions sexuelles implique une présomption de consentement des femmes à l'acte sexuel. Pour combattre cette présomption de consentement, la victime doit rapporter la preuve de violences, contraintes, menaces ou surprise. Qu'en est-il du droit positif et d'une possible évolution du droit ?
…/…
Albert EINSTEIN disait, « qu'il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome ».
L'ensemble des comportements visés par la loi serait mieux énoncé par une formule selon laquelle l'agression sexuelle ou le viol est le fait d'obtenir de quelqu'un un comportement de nature sexuelle auquel il ne consent pas.
En effet, le refus exprimé par la victime, l'absence manifeste de consentement n'ont pas de conséquence juridique s'ils ne sont pas corroborés par des éléments matériels objectivant l'absence de consentement.
Dans le fond ce qui compte pour la justice, c'est la perception de l'auteur, or une relation sexuelle est une interaction entre deux personnes.
Il serait souhaitable pour les victimes, qu'on recherche effectivement l'existence ou non de leur consentement, qui peut résulter de propos, de gestes explicites, exprimant un accord.
Cette démonstration du non consentement par la victime aurait l'avantage d'être plus large que la démonstration de la contrainte, violence, menace ou surprise.
Certes, il existe une majorité de relations sexuelles consenties, et la présomption d'innocence implique que l'on présume le consentement de la femme. Mais l'auteur pourrait démontrer comment il s'est assuré du consentement de la victime.
Et, d'ailleurs certains juges d'instructions posent déjà cette question à l'éventuel agresseur : Comment vous-êtes vous assuré du consentement de Madame ?
…/…
Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo du blog de Maître Perelmutter

mercredi 1 octobre 2003

2/ Définition du virtuel par Sylvain Missonnier

page 12
… une piste étymologique (vir : l'homme ; virtus : la puissance). En effet, le 
virtuel, c'est la potentialité du « en puissance » auquel ne s'oppose 
nullement le réel mais bien la mise en acte, l'actualisation. La 
graine qui contient virtuellement l'arbre est tout aussi réelle que 
ses éventuels avatars successifs ultérieurs. Plus encore, le bloc 
de marbre dans lequel le sculpteur anticipe sa création recèle 
virtuellement le buste qu'il projette. Ce dernier exemple est 
emblématique car il met en scène le désir de création et son 
guide, la représentation (-but2) qui substitue la présence à 
l'absence. On y voit bien comment la technique donne la main 
et l'outil à la désirance dans une simultanéité3 et une réciprocité 
à l'opposé d'un clivage psyché/technique si souvent source de 
méprises. On y perçoit aussi avec clarté, combien la mise en 
œuvre de l'acte est le fruit d'une "anticipation créatrice"4 dont 
la nature et le contenu sont le reflet authentique de la mémoire 
cognitive, affective, fantasmatique d'un individu indissociable de 
sa filiation et de son affiliation culturelle. Cette anticipation d'un 
prototype imaginaire s'enracine dans le substrat mnésique vir
tuels5. C'est une véritable simulation psychomotrice qui jette un 
pont entre les possibles du virtuel matriciel et les singularités de 
l'actualisation agissante.
Dans ce contexte sémantique, les sophismes pour souligner 
la soi-disante paradoxalité de l'intitulé récent de "réalité virtuelle" se font plus rares. Je la définis comme une construction 
mentale de l'observateur immergé physiquement dans des simulations sensorielles interactives (des artefacts technologiques) qui 
leurrent sa perception. La réalité virtuelle est donc un bon vieux 
simulacre, non pas de la réalité mais de la perception du corps 
mobilisé certes avec ses cinq sens (l'odorat résiste encore un 
peu ?) mais aussi ses "représentations d'actions6".
________________
2 Freud S. (1900), L'interprétation des rêves, Paris, PUF, 1967.
3 "L'instance symbolisante est toujours déjà techonologique" dit bien J.-L. Weissberg dans sa contribution.
4 Missonnier S. (2001), Anticipation et périnatalité : prolégomènes théoriques in Pratiques Psychologiques, n°1, 17-30 et Cupa D., Deschamps-Riazuelo H., Michel F. (2001), Anticipation et création : l'anticipation parentale prénatale comme œuvre in Pratiques Psychologiques, 1. 31-42.
5 Bergson H. (1896), Matière et mémoire, Paris, PUF.
6 Freud S. (1900), L'interprétation des rêves, paris, PUF, 1967.
 _________________
Autres billets sur le livre Le virtuel, la présence de l'absent