L'addiction à Internet bientôt un trouble psychiatrique reconnu ?
C’est la question que pose Slate.fr, précisant que le DSM pourrait bien dans sa prochaine édition retenir l’addiction à Internet, qualifié d’Internet-use disorder, comme un trouble mental. En attendant, les professionnels de santé sont priés de mener des recherches sérieuses sur le sujet. L’Australie notamment a d’ailleurs déjà reconnu cette nouvelle pathologie.
Il s'agit d'un mémoire de Master 2 professionnel en Art-Thérapie qui aura pour sujet le titre de ce blog. Vos témoignages et commentaires aideront à mon travail universitaire de recherche sur et pour la meilleure entraide possible entre victimes de viols par inceste adultes et leurs allié-e-s grâce à nos échanges sur ce blog.
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« Si vous traitez un individu comme il est, il restera ce qu'il est.
Mais si vous le traitez comme s’il était ce qu'il doit et peut devenir, alors il deviendra ce qu'il doit et peut être. »
Behandle die Menschen so, als wären sie, was sie sein sollten, und du hilfst ihnen zu werden, was sie sein können.
J. W. von Goethe, Faust I
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dimanche 7 octobre 2012
mardi 18 septembre 2012
BD/BG – Je me fais mal !
Pour certains c'est un geste ridicule, pour d'autres, un synonyme de danger, ou alors on fait cela pour faire voir aux autres qu'on existe, pour se faire remarquer ! Pour se faire plaindre à vous de voir !
Mais pour moi, non c'est plus profond, plus vicieux !
J'ai fait plusieurs tentatives de suicide mais plus maintenant, mais je joue encore beaucoup avec les médicaments, je fais des mélanges, plus pour me shooter maintenant, j'ai fumé aussi !
Mais maintenant je me fais du mal.
Cela a plus d'effet sur moi. Depuis quand cela a commencé ? Je ne saurais pas vous dire !
Je saurais vous dire pourquoi je le fais.
Les fréquences sont très variables, cela peut être provoqué par la colère, ou alors un besoin de faire baisser la pression due aux angoisses à ma souffrance !
Voilà comment j'ai découvert cette façon de faire !
Un jour je me suis piquée fort avec un compas et là ça a fait tic dans ma tête je ne me souviens plus à quelle occasion. Après cela a été les ongles jusqu'aux sang ! mais pas suffisant donc j'ai recherché plus fort, j'ai essayé des bouts de verres et là j'ai vu que cela pouvait me provoquer plus de douleur, rasoir et cutter alors là c'est l'extase ! Le pied ! Une grande douleur pour calmer ma douleur mais cette douleur est ma souffrance mon mal de vivre ! Et oui voilà le but que je cherche et que je recherche encore et encore toujours plus fort ! Un cercle vicieux infernal mais qui m'aide à faire baisser la pression mais jamais assez suffisant !
Au début il me fallait une petite coupure juste pour faire saigner, et puis cela c'est aggravé, pour évacuer toute ma peine je devais y aller plus fort toucher d'avantage pour sentir la mort ! me soulager, pour oublier, pour sentir que j'excitais ! j''avais besoin de voir du sang couler plus, cette excitation me faisais du bien me calmait mais cela ne durait pas longtemps car après c'est une autre douleur qui arrivait : la douleur de la cicatrice et cette cicatrice elle n'est pas possible encore pour l'instant ma souffrance est trop forte et bien installée, donc là je recommence en pleurant et je prends des médicaments en même temps et je réussi à m'endormir après, et parfois cela me suffit car je l'ai fait à temps. Mais il y à aussi cette souffrance de constater que j'ai fait cela car je n'ai pas trouvé d'autre moyen, c'est bien compliqué !
Ces cicatrices elles font parties de moi elles marquent ma souffrance, sûrement un manque d'amour de ne pas me sentir aimer, d'être venue sur terre ! Je sais aussi que je ne m'aime pas. Je sais aussi que je fais du mal aux personnes que j'aime, que j'apprécie, ces cicatrices représentent des instants ou je ne sais pas choisir vivre ou mourir, elle sont là et ne partiront plus, ce n'est pas beau à voir, et je le sais, il y en aura d'autres je le sais aussi, mais encore combien de temps cela va durer ? Je ne le sais pas. Que c'est terrible !
Bien évidement je fais cela dans mon coin, trop honte de moi, avant je faisais attention que cela ne se voit pas mais plus maintenant les pulsions sont trop fortes et il faut que je fasse vite !
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Les billets théoriques
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Les autres billets de BD
BD – Lettre n° 1 – A ma mère
BD – Collage n° 3 – Cerveau qui disjoncte
BD – Collage n° 4 – Scarifications
BD – Collage n° 5 – Mal de tête
BD – Dessin n° 3 – Contours du corps
BD – Dessin n° 4 – Colère/calme
BD – Collage n° 4 – Scarifications
BD – Collage n° 5 – Mal de tête
BD – Dessin n° 3 – Contours du corps
BD – Dessin n° 4 – Colère/calme
BD – Dessin n° 7 – La douleur dans mon corps
BD – Dessin n° 9 – Le dieu Pan
BD – Dessin n° 10 – Le dieu Pan n°2
BD – Dessin n° 10 – Le dieu Pan n°2
jeudi 6 septembre 2012
Relation incestueuse et passion toxique par Gérard Pirlot
03/05/2010
page 43
Gérard Pirlot,
…/…
page 43
Gérard Pirlot,
Psychiatre, psychanalyste (SPP), professeur de Psychologie clinique et interculturelle, Université Toulouse II, membre du Laboratoire de psychopathologie psychanalytique des Atteintes Somatiques et Identitaires (LASI), EA 4430, Paris Ouest Nanterre La Défense.
PIRLOTG@aol.com
passions addictives, passions en négatif…/…
Mme Y est suivie depuis plusieurs années pour alcoolisme important qu'elle relie, avant son divorce, à une relation incestueuse à son père pendant 8 ans – de 8 à 16 ans – : aucune autre « passion toxique » dans sa vie, hormis celle de l'inceste et de l'alcool.
…/…
Tout de suite apparaît un autre concept qui fait comprendre que cet excès reste peu mentalisé et psychisé, de là l'addiction – comme la somatisation : c'est celui de clivage, clivage mis en place face à des dangers, pour le Moi, provenant des motions pulsionnelles et ses dérivés, affects et fantasmes : fantasmes d'être un étron ou de coïter analement avec le père et le pénis maternel, comme l'a montré E. Hopper', fantasme de tomber dans un puits sans fond chez les alcooliques décrits par M. Monjauzes, Shentoub et d'A. de Mijolla 6 ou encore fantasmes d'avoir un enfant du père par fellation ou en « bouffant » le sexe de ce dernier, comme chez certaines anorexiques 7.
Si clivage il y a, le travail analytique montre qu'il s'agit bien souvent de clivages « fonctionnels » comme dirait G. Bayle 8, et cela autant dans le Moi qu'entre instances de la première topique, aboutissant, comme les travaux de J. Mc Dougalll'ont montré 9, à remplacer toute émotion par la perception-sensation, du fait d'une faille dans la mise en œuvre des représentants-représentations de la pulsion et des affects.
Cette recherche de sensations d'excitation a été mise en évidence par Zuckerman afin, pensait-il, pour les sujets addictés, de maintenir un niveau élevé d'activation cérébrale (Zuckerman, 1971)10. Ainsi ayant recours à une économie de la perception, ces sujets, « esclaves de la quantité » comme l'a écrit M. de M'Uzan 11, luttent contre le vide psychique ou une dépression « blanche ». A titre d'analogie, citons A. Deburge-Donnars (1996), qui a qualifié de « mots-sensations » la formule à laquelle « s'addicte » véritablement l'amoureux ou l'amoureuse plongé(e) dans sa passion : « Dis-moi que tu m'aimes ».12
Cette recherche de sensations d'excitation a été mise en évidence par Zuckerman afin, pensait-il, pour les sujets addictés, de maintenir un niveau élevé d'activation cérébrale (Zuckerman, 1971)10. Ainsi ayant recours à une économie de la perception, ces sujets, « esclaves de la quantité » comme l'a écrit M. de M'Uzan 11, luttent contre le vide psychique ou une dépression « blanche ». A titre d'analogie, citons A. Deburge-Donnars (1996), qui a qualifié de « mots-sensations » la formule à laquelle « s'addicte » véritablement l'amoureux ou l'amoureuse plongé(e) dans sa passion : « Dis-moi que tu m'aimes ».12
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6. Mijolla A. de et Shentoub S. A., (1973), Pour une psychanalyse de l'alcoolisme. Paris, Payot.
7. Combe C., (2002). Comprendre et soigner l'anorexie, Paris. Dunod ; Combe C., (2004), Comprendre et soigner la boulimie, Paris, Dunod.
8. Bayle G., (1996), Rapport du 56ème Congrès des psychanalystes de langues romanes : "Les clivages", Rev.fr psychanal, 60, n° spécial Congrès. pp. 1303-1547.
9. Mc Dougall J., (1974)."Le psyché-soma et le psychanalyste", NRP, n° 10. pp. 131-142. ; (1989), Théâtre du corps, Paris, Gallimard ; (2002), "L'économie psychique de l'addiction", Anorexie. addictions et fragilités narcissiques, Paris, PUF.
10. Au XIXe siècle, les stupéfiants étaient appelés les excitants. En 1838, Balzac écrivit un « Traité des excitants modernes » (eau-de-vie, rhé, café, tabac) et en 1845, Moreau de Tours dans son texte « Du haschish et de l'aliénation mentale », traitait également les stupéfiants et leurs aspects hallucinatoires d'excitants.
11. M'Uzan M. de, (1984), « Les esclaves de la quantité », NRP, n° 30, Paris, Gallimard, pp. 129-138 ; (1994), La bouche de l'inconscient, Paris, Gallimard. En 2004, reprenant la problématique des toxicomanes, M. de M'Uzan ajoutera « esclaves de la quantité "à rebours" (p. 136) ou "à défaut" » (p. 139) in « Addiction et problématique identitaire : "tonus identitaire de base" », in Aux confins de l'identité, Paris, Gallimard, 2005, pp. 132-141.
12. Deburge-Donnars A., (1996), « Dis-moi que tu m'aimes », Rev. fr. psychanal, 3, pp. 789-804.
6. Mijolla A. de et Shentoub S. A., (1973), Pour une psychanalyse de l'alcoolisme. Paris, Payot.
7. Combe C., (2002). Comprendre et soigner l'anorexie, Paris. Dunod ; Combe C., (2004), Comprendre et soigner la boulimie, Paris, Dunod.
8. Bayle G., (1996), Rapport du 56ème Congrès des psychanalystes de langues romanes : "Les clivages", Rev.fr psychanal, 60, n° spécial Congrès. pp. 1303-1547.
9. Mc Dougall J., (1974)."Le psyché-soma et le psychanalyste", NRP, n° 10. pp. 131-142. ; (1989), Théâtre du corps, Paris, Gallimard ; (2002), "L'économie psychique de l'addiction", Anorexie. addictions et fragilités narcissiques, Paris, PUF.
10. Au XIXe siècle, les stupéfiants étaient appelés les excitants. En 1838, Balzac écrivit un « Traité des excitants modernes » (eau-de-vie, rhé, café, tabac) et en 1845, Moreau de Tours dans son texte « Du haschish et de l'aliénation mentale », traitait également les stupéfiants et leurs aspects hallucinatoires d'excitants.
11. M'Uzan M. de, (1984), « Les esclaves de la quantité », NRP, n° 30, Paris, Gallimard, pp. 129-138 ; (1994), La bouche de l'inconscient, Paris, Gallimard. En 2004, reprenant la problématique des toxicomanes, M. de M'Uzan ajoutera « esclaves de la quantité "à rebours" (p. 136) ou "à défaut" » (p. 139) in « Addiction et problématique identitaire : "tonus identitaire de base" », in Aux confins de l'identité, Paris, Gallimard, 2005, pp. 132-141.
12. Deburge-Donnars A., (1996), « Dis-moi que tu m'aimes », Rev. fr. psychanal, 3, pp. 789-804.
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