« Si vous traitez un individu comme il est, il restera ce qu'il est.
Mais si vous le traitez comme s’il était ce qu'il doit et peut devenir, alors il deviendra ce qu'il doit et peut être. »

Behandle die Menschen so, als wären sie, was sie sein sollten, und du hilfst ihnen zu werden, was sie sein können.

J. W. von Goethe, Faust I

Art Therapie Virtus

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mercredi 19 décembre 2012

4/ L'identification à l'agresseur dans les états limites

Page 68
C'est dans l'article « Confusion de langue entre les adultes et l'enfant »1 que Ferenczi invente cette notion reprise plus tard et différemment par Anna Freud.
Dans des situations extrêmes provoquant détresse et peurs limites (agression grave comme le viol, l'abus sexuel, la maltraitance, les punitions passionnelles où l'enfant ayant commis une bêtise est puni de façon démesurée), l'enfant va pouvoir s'identifier à son agresseur.
S'oubliant complètement pour se mettre au service de l'agresseur, devinant ses moindres désirs, il déjoue d'une certaine manière les attaques et les chocs qui pourraient arriver de manière imprévisible : « La peur devant les adultes déchaînés, fous en quelque sorte, transforme pour ainsi dire l'enfant en psychiatre ; pour se protéger du danger que représentent les adultes sans contrôle, il doit d'abord s'identifier à eux. »
Cette soumission entière assure à l'enfant une certaine maîtrise sur celui qui est susceptible de le surprendre et de l'atteindre. L'identification à l'agresseur donne la possibilité à l'enfant de maintenir une image suffisamment positive du parent – agresseur – dont il dépend pour vivre et subsister. Elle a pour effet de faire disparaître la violence de ce dernier en tant que réalité extérieure : la violence de l'agresseur est intériorisée de sorte que la tendresse originelle peut continuer de se développer à la faveur de l'agresseur. Il est à relever  qu'à partir du moment où l'agresseur est devenu intrapsychique, il perd son statut d'objet pour devenir une partie du Moi. On constate à ce moment précis une des origines de la confusion entre sujet et objet, Moi et non-Moi, entre le dedans et le dehors. Cette configuration particulière ne permet pas à l'autre d'être reconnu dans son altérité. La violence subie est intériorisée de façon confuse, car, la plupart du temps, elle est déniée par l'agresseur lui-même. Dans ce cas, l'enfant ne sait plus mettre des mots sur l'expérience qui lui arrive puisque les mots utilisés par l'agresseur visent à disqualifier son ressenti subjectif.
_______________________________
1S. Ferenczi (1932), « Confusion de langue entre les adultes et 
l'enfant », Psychanalyse IV, Œuvres complètes, 1. IV, Paris, Payot, 1982,
p. 125-135. 

dimanche 2 janvier 2011

De l’emprise au « quant-à-soi » par Edith Lecourt

Connexions
2011/1 (n° 95)
216 pages
Editeur : Eres
I.S.B.N. 9782749214177
Partant de situations de l’actualité politique, la révolution en Tunisie, les mouvements en Algérie, en particulier, l’auteur s’interroge sur un fonctionnement psychique marqué par l’absence de « quant-à-soi ». Il relève, dans l’emprise, la confusion entre la personne et ses rôles et ses fonctions (l’individuel et le collectif). Reprenant le concept de clivage du moi de Freud, il en observe le peu d’adéquation avec ce type de situation. L’auteur reprend le débat et les propositions faites par C. Dejours concernant le clivage. D’autre part, il considère le rôle du réseau Internet comme réserve potentielle de « quant-à-soi » partagé au-delà des territoires nationaux. 
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