« Si vous traitez un individu comme il est, il restera ce qu'il est.
Mais si vous le traitez comme s’il était ce qu'il doit et peut devenir, alors il deviendra ce qu'il doit et peut être. »

Behandle die Menschen so, als wären sie, was sie sein sollten, und du hilfst ihnen zu werden, was sie sein können.

J. W. von Goethe, Faust I

Art Therapie Virtus

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jeudi 28 février 2013

BD – Grr Grr – La nuit la plus pourrie depuis 15 jours

Eh oui, encore une nuit très agitée, je ne sais pas si je vais pouvoir dormir un jour convenablement. Cette nuit impossible de dormir 1h30 d'affilée. Je suis ce matin extrêmement fatiguée cette nuit a été la plus catastrophique depuis voilà bientôt 15 jours. Ce matin, impossible de me lever et de mettre un pied par terre dans ma tête cela me tapait de partout ; à l'intérieur une vragrrrrrr é e é e é e ele é e é e é e grrrrrr je reprends : vraie boîte de nuit ! J'ai quand même réussi à prendre ma douche, mais celle-ci a été très rapide. En sortant je transpirais toujours autant, l'infirmière m'a dit que cela été dû à la fatigue. Ajouté à cela ma tension n'était pas haute, je ne sais plus le chiffre exact mais c'était vers les 9. Mon psychiatre le docteur Barbe est très ennuyé par rapport à mes migraines, il a augmenté le laroxyl de 25 mg pour midi. Il m'a dit aussi que mon mal de tête était amplifié dû à mes troubles dissociatifs plus la tension des problèmes à gérer à côté. Je n'ai réussi à  bogrrrrrrrrr é e é e é e t u e u e é e é e é e grrrrrr je reprends : boire ce matin au petit déjeuné qu'un café que j'ai vomi aussitôt. Ma douleur été trop forte, même après le doliprane 1000 mg que l'infirmière m'avait donné. A cette heure ou je vous écris cette lettre je n'arrive toujours pas à trouver le sommeil, en moi je ressens cette sensation qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond mais voilà je ne sais pas quoi. Un autre problème se pose : cette peur de faire mal aux autres et celle d'être abandonnée, oui à chaque fois que je suis très mal je ressens ces sentiments.
Ce matin en fin de matinée vers 11h 30 l'infirmière du secteur, la « petite blonde » comme je la surnomme, est passée me faire un petit coucou. Quand elle est rentrée dans ma chambre elle me trouvait le visage fatigué et les yeux injectés de sang. Nous avons parlé ensemble de différentes choses comme par exemple de mon fils, des viols et de mes troubles dissociatifs qui sont eux plus présents en ce moment, allez savoir pourquoi ! J'ai beaucoup aigrrrrr é e é e é e ele é e é e grrrrr je reprends : aimé notre échange, je confirme tout ce que j'ai dit sur elle la première fois. Elle a ce côté humain et cette écoute que j'aime beaucoup. Cela s'est passé mieux que les premières fois, une chose importante pour moi. A midi je n'ai pratiquement rien mangé, les nausées étaient là. J'aimerais tellement que ces migraines s'arrêtent car j'ai de plus en plus de mal à les supporter, la douleur est parfois très intense le souci dans tout cela c'est qu'elle paralyse mon corps : je suis incapable de faire quoique ce soit ! Cette situation je ne la supporte plus ça m'énerve dur ! Et dans ma tête je rumine et je sais aussi que cela n'est pas bon pour moi. Je m'accroche même si je sais que c'est dur, je ne dois pas baisser les bras donc c'est pour cela aussi que je vais m'accrocher pour aller à l'atelier, j'aime beaucoup y aller et c'est très bénéfique pour moi car cela me permet d'imaginer, cette chose que je n'arrive pas à faire, c'est terrible comme situation. Je n'arrive toujours pas à la régler. Mais une chose merveilleuse que j'aime beaucoup, j'ai toujours cette aide par Emmanuelle et Catherine qui sont là tous les jours elles permettent de casser le train train de la journée quand elle est triste, je les remercie toutes les deux.
Le dessin atelier créatif 4.
La forme n'était pas là, mais je tenais absolument à faire ce dernier jours d'atelier. Quand je suis arrivée dans la pièce il y avait une odeur très forte, un genre de vernis, même que l'animatrice s'en est plaint. Elle nous avait prévenus que l'on pourrait avoir des maux de tête, mais dans tous les cas ça ne peut pas être pire que mon mal de tête que j'ai depuis cette nuit malgré l'augmentation du laroxyl que j'ai eu à midi. Sur cgrrrrr é e é e é e ele é e é e grrrrr je reprends : cette odeur je n'ai rien dit, je me suis pas plainte, je me suis assise. Hier, dans un catalogue j'avais repéré des ailes en formes de papillons donc je l'ai ramené aujourd'hui pour pouvoir m'en servir. Je ne savais pas trop ce que je voulais en faire, mais je voulais absolument les utiliser je les trouvais superbes. J'ai donc commencé par aller chercher une feuille de dessin, j'ai observé tout ce qui était disposé sur la table, gomme, feutres, ciseaux, crayons de couleurs etc.. Mais ça ne me disait rien de plus, je voulais faire quelque chose d'original. J'ai alors fouiné au fond de la pièce, je n'avais toujours pas d'idée précise concernant ce dessin. Au fond de la pièce j'ai vu qu'il y avait un grand sac, je voyais plein de trucs sortis : de la laine, des boules de couleurs. Et c'est là que je me suis dit, si je m'en servais pour faire quelque chose d'original cela pourrait être sympa. Dans mes mains j'avais toujours les ailes de papillons, il fallait trouver une idée. Mais le papillon ne me plaisait pas. A côté de moi il y avait un bouquin avec plein de forme de grrrrrrr é e é e é e ele  é e é e t e u e é e é e é e grrrrr je reprends : dedans, j'ai feuilleté ce bouquin du début à la fin et j'ai repéré une forme bizarre cette forme me plaisait bien, on ne pouvait pas la définir. Je l'ai donc reproduite sur la feuille de dessin, je me suis amusée à essayer de positionner les ailes de papillon (cela a été difficile pour moi de trouver l'emplacement, difficile de m'orienter – absence sur absence – j'ai eu du mal à reprendre le fil de mon travail, je suspecte l'animatrice de s'en être rendue compte mais moi je suis toujours aussi mal quand cela m'arrive j'avais également peur de la réaction de l'animatrice...). Une fois leur emplacement repéré je les ai collées. J'ai eu l'idée de poser cette forme en forme de papillon sur une banche donc j'ai utilisé le tube de toutes les couleurs comme tel et à la main j'ai fait le reste, des branches pour bien montrer que c'est un arbre. Je voulais faire une queue à cette forme originale j'avais trouvé dans le même sac une plume, c'était la seule qui restait. Je n'ai pas eu de soucis pour la placer tout de suite, c'était une évidence que je l'utiliserai cogrrrrr é e é e é e ele é e é e grrrrr é e é e é e aaaaaaa éme mom papa aaaaa grrrrr je reprends : comme la queue de la forme. J'ai aussi rajouté des bouts de papier qui « frisent » (serpentin) un au niveau de la queue et un au niveau de la tête car je voulais faire une sorte de houppette. Je me suis dit que je pouvais lui rajouter tout et n'importe quoi, tout lui correspond puisque c'est une forme « bizarre » indéfinissable. J'ai ensuite continué à décorer mon dessin : originale pour original, j'ai rajouté des boules de toutes les couleurs cela faisait un arbre fleuri. Mais avant ça, j'avais repassé les branches en marron/rouge aux crayons de couleurs et j'avais dessiné le tronc mais au moment de colorier le tronc en marron rouge j'ai eu une autre grande absence, je n'étais pgrrrrrr é e é e é e ele é e é e grrrrr je reprends : plus au commande, je n'arrivais plus à suivre, je ne savais plus non plus mon idée concernant ce dessin et mon mal de tête s'amplifiait. Une chose qui est sûre je n'avais pas à colorier le tronc car il avait déjà été fait, une de mes personnalités est intervenue.
Quand l'animatrice a vu mon dessin elle n'a pas compris ce qui s'était passé et je vous avouerai que je n'avais pas envie de lui expliquer mais à la manière dont elle me regardait, cela signifiait qu'elle attendait une explication. J'étais complètement désemparée mais je savais que 16 h n'était pas loin. Je voulais mettre un peu plus de choses sur mon dessin alors j'ai trouvé des étoiles et je les ai collées sur mon dessin, je ne sais pas pourquoi mais cela me plaisait c'était chouette et j'ai également représenté l'herbe avec des bouts de laine. Je pense que je peux confirmer que l'animatrice et les autres patients n'avaient pas compris pourquoi il y avait ce fameux gribouillage au niveau du tronc ils m'ont tous dit que cela gâchait le dessin. A ce moment là j'ai fait mine de pas attendre, je n'attendais que 16 h. Je suis partie sans avoir été remarquée, c'était important pour moi, je ne voulais pas que l'on s'attarde sur ce gribouillage. Pour conclure je peux vous dire que ce dessin est vraiment original car on ne sait pas à quoi il ressemble, moi qui veut que tout est un sens et bien là il n'y en a pas et il a fallu que je le laisse comme ça car 16 h était arrivé, je n'avais plus le choix.

lundi 18 février 2013

BD – Activité collage à l'hôpital

Collage de ce matin, matériel : colle synthétique (colle blanche à eau), journaux, divers feuilles de papier dessin, ciseaux, pinceaux verre d'eau et encres de couleur.
Quand je suis arrivée ce matin à cet atelier j'étais un peu désemparée je ne savais pas quoi faire je regardais autour de moi je n'arrivais pas à trouver de thème. Imaginer, ce problème que j'ai. Le voyant, l’éducatrice spécialisée m'a montré des exemples de collages mais même avec cela rien ne sortait de ma tête par contre ma voisine de droite avait plein d'idées elle était comme je dirais « un poisson dans l'eau » mais moi je coulais, au secours !
J'ai quand même cherché à feuilleter les journaux, je voulais absolument trouver quelque chose de magique avec plein de couleurs et je suis tombée sur une belle rose, c'est à ce moment-là que j'ai eu mon idée les fleurs. Voici comment j'ai fait : j'ai cherché plusieurs fleurs diverses dans les journaux je les ai découp grrrrrrrrr é e é e é e ele é e é e é grrrrrr je reprends : découpés afin de les mettre sur une feuille de dessin, il fallait que je trouve la bonne position avant de les coller une situation ou je n'ai pas eu de problème pour le faire. Une fois fait, je passais au collage.
J''ai mis ce cactus car il fait partie des plantes et je trouve qu'il est très résistant aussi. Il représente la force c'est une plante qui met du temps à mourir.
Une fois finit il y avait quelque chose qui n'allait pas qui me trottait dans la tête je trouvais que le fond blanc n'allait pas avec le collage. Sur la table non loin de moi il y avec des encres de diverses couleurs et là je me suis dit pourquoi ne pas peindre le fond en faisant des dégradés de couleur, une idée géniale que je trouvais car une fois terminé cela le confirmait bien. Superbes couleurs, génial ! Un résultat que je n'aurais pas cru le dégradé de couleur ressortait bien j'étais contente pour une fois de mon travail je recommencerai bien donc si cela est possible je retournerai à la prochaine activité.

mercredi 5 décembre 2012

BD – Collage n° 13 – La douleur du corps n° 2 – 5 décembre


Et bien, je vais vous dire que je m'accroche toujours, mais depuis quelque temps, mon humeur change, je suis un peu plus agressive et moins patiente. Mes nuits sont courtes, des douleurs et vomissements, des crises d'épilepsies, des saignement de nez. Un ensemble qui m'énerve beaucoup. Mon corps réagir énormément face à certaines situations difficiles. Je ne peux pas dire que ce sont des nouvelles, mais ce sont des situations qui ont changé, mais pas en bien, comme par exemple celle de mon garçon. Là je me sens toujours impuissante et j'ai aussi peur pour la suite, il va falloir prendre des décisions surement, et surtout je ne dois pas me tromper. C’est une chose que j'ai du mal à gérer, toujours peur de mal faire, de pas être sûre de moi, et peur aussi de mon impuissance qui me ronge toujours.
Concernant mon travail avec Emmanuelle, je l'aime, et je trouve aussi que nous commençons à rentrer dans plus de détails, des détails qui font mal parfois, je dirais même souvent, mais dans ma tête je garde cette ligne de conduite : progresser encore et encore. Mais en ce moment, je vois peut-être les choses différemment, une autre façon de les approcher et je reconnais que cela me bouleverse aussi, car dans ma tête c'est toujours le bazar plus les soucis et il m'arrive parfois avoir avec Emmanuelle d'avoir des accès d'humeur, surtout dans mes écrits, ce qui me pourrit aussi la vie. Ça me travaille aussi, car cela est une chose que je devrais travailler aussi.
Concernant mon dessin, cela représente mon état actuel, la légende vous l'explique bien, l'intensité de ma douleur, pour l'instant elle ne change pas trop aux fils des jours, certains traitements n’agissent plus, exemple pour mes migraines. Des saignements de nez sont dus à un problème de tension et ce sont ajoutés. Elle peut être très basse et monter jusqu'à 16. Je suis à la recherche du sommeil, mais pas de changement là non plus et pourtant je suis épuisée, mais peut être trop sur les nerfs pour dormir, mais j'ai toujours un peu la possibilité de me mettre en boule, une façon à moi de me rassurer, mais dans ma tête cela tourne toujours autant : mes questions et à la recherche d'idées pour certaines situations, afin de régler des problèmes. Mon cerveau n'est jamais en pause, repos. Mais bon, je m'accroche et je compte bien continuer, même s’il m'arrive de tout vouloir virer. Une chose qui a beaucoup changé, je ne me fait pratiquement plus mal, mais l'agressivité prend la place, Mais Emmanuelle est toujours là, elle ne lâche rien et cela m'aide énormément. Alors Béatrice accroche toi !

lundi 12 novembre 2012

BD – Collage n° 11 – Rouge de colère contre ses alter ego

Collage, trouble, mauvaise humeur, mon dimanche. Bon la veille, le samedi grosse pression, journée chargée, un vrai marathon. Plein d'émotions que j'avais du mal à gérer. Pas mal d'absences, concernant la fin de soirée. Et bien là, j'ai vraiment du mal à vous dire. Nuit agitée, et angoissante, réveillée plusieurs fois.
Revenons à ce jours, dimanche : je vous passe la matinée, car et bien et bien… je ne me rappelle pas de tout car absence. Par contre l'après-midi , grosse angoisse et grosse crise d'énervement, envie de tout virer et même encore à l'heure où je vous écris. Je pense aussi que la reprise de l'école y ai pour quelque choses.
Mais il y a autre chose aussi, la colère de ces personnalités me concernant, ne pas savoir les gérer, l'impression que c'est elles qui me mènent par le bout du nez tous les jours. Tous ces bouleversements dans ma tête, quand je pense à tous ces changement que je dois affronter. Ah oui, cela me travaille dur, ça me fait réagir, ça tourne dans ma tête, des questions et encore des questions, des remises en question aussi. Un vrai chamboulement, mais tout cela m'énerve.
Je n'arrive pas à canaliser cet énervement, toujours ce besoin de tester les gens, encore plus en ce moment. Un réel besoin d'être rassurée, d'être calmée, c'est là, dans ces moments-là vraiment que je me rends compte que l'amour et l'écoute d'une maman et d'un père m’ont manqué. Ce besoin maternel et paternel m'a tellement manqué que je me demande si ces crises d'énervement se sont pas lier à cela, à cette souffrance, à ce manque de tendresse, spécialement cette tendresse et ce n'est pas n'importe laquelle pour moi. C'est un manque important et je pense aussi que cette colère rejoint bien ce ressenti envers ces personnalités qui me font mal en ce moment. Mais quand même, je voudrais vous dire que cela avance concernant dans ma guérison, malgré ma colère qui est très forte, je ne me suis pas fait mal et cela fait deux fois, et je suis fière de cela et pour moi c'est un petit pas en avant. Mais je sais aussi, et je pense que cela m'aide à me canaliser, cette petite étoile, qui est près de moi tous les jours y est pour beaucoup, car à l'intérieur de moi, je sais que je ne pourrais pas lui mentir là-dessus. Lui écrire tous les jours en lui mentant ; non ça n'est pas moi-même avec mon foutu caractère, car pour moi, cette promesse que je me suis faite est importante, sérieuse et j'y tiens, et c'est une question de confiance et d'honnêteté.
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Les autres billets de BD
BG – Peinture n°1 – Abandon
BG – Peinture n° 2 – Le cimetière
BD – Lettre à mon père n° 1
BG – Peinture n° 3 – La mort de mon père
BD – Lettre n° 2 à mon père
BD – Peinture n° 4 – Les larmes
BD – Peinture n° 5 – L'angoisse
BD – Mes troubles dissociatifs
BD – Les pulsions qui reviennent
Lettre de Dominique à Béatrice sur la dissociation 
BD – Peinture n° 7 – Les larmes blanches
Béatrice, Grr Grr et Béatrisse

mardi 30 octobre 2012

BG – Collage n° 10 – La Toussaint, la fête des morts

Vous savez pourquoi mourir me fait peur et le mot aussi ? car ce jour-là, je serai enfermée dans ce cercueil dans le noir, sans lumière, serrée. Oui car dans le cercueil ce n'est pas grand, et je vais avoir cette sensation d'étouffement. Moi qui ouvre partout chez moi et je vais me retrouver seule, encore face à l'angoisse. Comment je vais faire ? La mort c'est quoi au juste ? qui peut me rassurer là-dessus. Qui n'a vraiment pas peur de la mort réellement, et qui vous dit que un jour on ne sera pas enterré vivant ?



Non j'aime pas, j'aime pas car cela fait partie de la mort, de la même famille, pourquoi vouloir nous faire rappeler cette peine de cet perte de nos personnes que l'on à aimées et chéries. Je ne comprends pas, pourquoi faire ressortir cette peine qui me fait tant souffrir et que je n' oublie pas. Moi je ne peux pas oublier ses moments passer avec eux qu'ils soient bons ou mauvais, et tous les jours il y a quelque chose qui me fait me souvenir de leur existence, et pour moi, on a chacun sa façon de faire son deuil, de pleurer à sa façon, en public ou alors sous sa couette comme moi. Car je pleure sous ma couette, ou alors éviter le sujet, comme moi aussi.
Car dans ma tête, le mot me rend malade et folle, ce mot mort m'angoisse. Il me hante ce mot, il me rend dingue, alors je refuse de vouloir faire face, être face à cette mort. Car quand ma souffrance est trop grande je la souhaite cette mort, mais là c'est moi qui la décide, pas elle.
Elle nous prend par surprise, elle n'est pas honnête, elle est mauvaise, c'est ce que je pense d'elle, elle fait du mal aux personnes qu'on aime. La mort porte bien son nom, très bien même. Je pleure de colère aussi, car ces personnes sont parties trop tôt. Pourquoi ? Les punir c'est ça ? Alors moi, j'aurais du mourir plusieurs fois, ça me met en colère, en colère parce que je n'ai pas pu profiter assez d'elles ; en colère parce que je me sens encore abandonnée.
Une fois de plus, en colère parce que, je me revoie petite, aller au cimetière encore et encore et que l'on ne m’a jamais demandé mon avis. Mon avis sur la mort. On ne m’a jamais expliqué et ça c'est une chose terrible.Vous savez pour moi je n'ai pas besoin d'aller à l'église ou au cimetière déposer des fleurs, ces fameux chrysanthèmes. Je vous dirais pas terrible comme fleur et pourquoi cette fleur là, moi je mettrais des roses de toutes les couleurs pour mettre et pour déposer de la chaleur sur leur tombe, ma chaleur à moi et mon amour, car en fait, la fête des morts c'est pour dire aux personnes qui sont mortes qu’on les oublie pas qu’elles sont toujours dans notre cœur, et qu’on a toujours à leur égard, beaucoup d'amour et de tendresse, et que leur chaleur nous manque beaucoup, enfin. On peut le faire aussi chez nous devant une photo. Pourquoi aller au cimetière, et puis pour moi il n'y a pas que un jour dans l'année pour penser à eux , c'est tous les jours. Ça aussi cela me met en colère, je trouve ça ridicule et puis quand je ne vais pas au cimetière cela me permet de me dire que quelque part elles sont encore vivantes toutes ces personnes.
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Les autres billets de BD
BD – Collage n° 7 – Sommeil

vendredi 19 octobre 2012

BD – Collage n° 7 – Sommeil

Personne ne comprend mon refus de vouloir dormir, ne comprend ce qui se passe dans ma tête, dans mon cerveau et qu'il ne parvient jamais à se calmer.
Pour moi, ce problème de refus de dormir remonte à loin je pense, déjà petite, cela me faisait peur. Je dormais sur le palier au haut de l'escalier, pas dans ma chambre ou très peu, toujours pour entendre du bruit, le bruit de la télévision – cela me rassurait –  mais je ne sais pas si à cet âge je luttais comme je le fais encore maintenant.
Pour moi dormir c'est une chose insupportable, dormir, faire dodo, ce mot m'obsède, il me fait souffrir, il me tue petit à petit, c'est horrible, une sensation de mort.
Cela me pousse même à me faire du mal parfois, pour ressentir la douleur, justement, pour m'aider à ne pas dormir, me faire du mal m'aide dans tous les sens : à calmer ma douleur ; à faire baisser la pression ; à me faire comprendre que je suis vivante etc...
Dormir, je dis souvent que c'est une perte de temps, oui certes, mais c'est plus profond que ça. Dormir pour moi, est une source de panique, pour chaque soir et chaque nuit surtout dans ces moments-là, mais aussi à n'importe quel moment de la journée, mais c'est différent car il fait jour, il y a un peu de bruit, et l'ambiance est différente donc j'arrive à sommeiller, mais si peu.  Dormir est pour moi une torture, un cauchemar, cela ne représente que des mauvais rêves. Le noir où je me sens perdue, sans repaires, dans l'insécurité totale, où mes démons adorent venir me hanter. Des tremblements, des sueurs, des nausées. Le froid m'envahit.
Le plus dur, c'est quand, je suis dans mon lit juste avant de dormir, et qu'il y a ce silence. Oh ! comme ça me terrifie, ça me fait une boule au ventre énorme et je sens qu’elle grossi, qu’elle monte vers ma gorge et quelle va exploser et que je vais mourir. J'ai envie de réveiller tout le monde de crier, hurler pour ne pas être seule, face à cette souffrance à ce silence.
Dans ma tête, je me fais des discussions, pour lutter contre le sommeil, et je peux faire cela pendant des heures, toujours pour lutter. Je pense et je pense à tout : à des idées éparpillées, à mon enfance, à mon futur, aux différents problèmes que je n'ai pas résolus, aux problèmes familiaux, à mes amis, à ce cercle infernal pour toujours toujours lutter contre le dodo.
Quand je me sens très épuisée , et que mes yeux sont très fatigués, qu'ils se ferment seuls, là, les pulsions augmentent. Je suis frustrée, en colère, car je ne me suis pas rendu compte que je partais dans le sommeil. Je me dis que jamais je ne vais plus me réveiller. J'ai peur de perdre le contrôle, le contrôle de mon corps, de mon esprit, peur aussi que mon alter machin intervienne, et me fasse encore souffrir, peur que l'on me fasse du mal.
Alors je lutte, encore et encore, je suis de plus en plus excitée, énervée , je suis assise sur mon lit, je sursaute au moindre bruit (j'ai trois chats, ils font des bêtises la nuit), alors les sursauts j'en fais.
Je suis inerte et je recommence à me reposer les mêmes questions de plus en plus vite et à repenser à mes mêmes idées encore encore de plus en plus fort, mais il y en a une qui est très importante et qui reste sans réponse :
Pourquoi ? cette fameuse question oui pourquoi ? Elle me tue en encombrant un peu plus chaque jour mon esprit d'anxiété.
Pourquoi je ne veux pas dormir, me laisser aller, avoir l'esprit calme comme tout le monde. Je prends un traitement (laroxyl 50 mg) pour mes migraines qui sont très fortes, je ne le supporte pas, pas parce qu'il ne me fait pas de bien, pour mes douleurs, il n’est pas top non plus mais bon, il me soulage un peu. On essaie avec le neurologue de trouver une autre solution.
Mais la raison est qu'il m'assomme, il m'endort. Je dois le prendre de bonne heure le soir, et je ne suis plus maître de la situation, donc cela aussi ça m'énerve et ça ne m'aide pas non plus à trouver le sommeil dans de bonnes conditions. J'ai l'impression que l'on veut me forcer à dormir, et cela m'angoisse encore plus. Une source en plus pour lutter contre le sommeil.
Moi, je veux décider quand et à quel moment dormir, mais le problème ça me fait peur, donc pour moi jamais jamais je ne voudrais dormir, jamais, mais à force les nerfs lâchent. Je devient exécrable, colérique, je manque de concentration, je comprends les choses de travers, et je deviens plus émotive.
Mais j'ai toujours cette petite fée qui n'est jamais loin de moi, qui essaie de m'aider, pour m'aider à m'apaiser, ça prend du temps, parfois ça marche… mais quand je me réveille… là c'est finit… le cercle vicieux recommence.
Mon corps est fatigué, il voudrait bien se relâcher. Mais comment faire quand cette peur de dormir vous paralyse et vous fait souffrir.
Comment faire ?
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BD – Dessin n° 10 – Le dieu Pan n°2